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PAULETTE

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Pour mieux connaître la marque, il faut connaître Paulette. La femme qui se cache derrière chacune des aiguilles, chacun des détails qui rendent les bandanas Good Morning Keith uniques, et qu’elle confectionne à la main dans son atelier. 

À l’âge de 79 ans, elle continue d’entretenir sa passion pour la mode et la couture, tout en l’associant à un autre de ses amours, la musique. Elle vit aujourd’hui en banlieue parisienne dans une grande maison décorée à son image et nous a reçus le temps d’un instant pour nous faire découvrir son univers ainsi que l’atelier dans lequel elle passe le plus clair de son temps. 

C’est au Maroc, dans les années 1960, que sa passion pour la mode naît et ne la quittera pas. Au fil du temps, elle a accumulé les vêtements haute-couture, ses propres créations et accessoires chinés aux quatre coins du monde.

C’est sur un album de Leonard Cohen que nous avons pu en savoir plus sur son quotidien, son histoire et ses passions. Fidèle à elle-même, c’est vêtue d’un caftan bleu majorelle, fait sur mesure à Marrakech, que Paulette nous accueille. 

GMK : « Paulette, pourrais-tu te présenter et nous dire comment t’es venue cette passion pour la mode et la couture ? » 

Paulette : « Je suis née en 1938, dans un petit village de Lozère. Petite, j’étais très proche de mon grand-père, il aimait coudre durant son temps libre et ça me fascinait. C’est lui qui m’a initié à la couture dès mon plus jeune âge. Puis vers mes 20 ans, j’ai dû partir à Montpellier à contre-coeur afin d’y étudier la médecine, comme le voulaient mes parents. Un mal pour un bien car j’ai eu la chance d’y rencontrer mon mari, l’homme de ma vie.

Ensemble, nous sommes partis vivre à Marrakech. Je me suis brouillée avec mes parents qui ne supportaient pas que je parte vivre au Maroc mais l’amour était plus fort que la raison.

Une fois là-bas, je suis immédiatement tombée amoureuse de la ville : j’aimais me perdre dans la médina, traverser les tanneurs et les teinturiers. L’atmosphère, les couleurs, les odeurs et l’hospitalité des habitants, ce fut un véritable coup de foudre. J’avais beaucoup de temps libre à l’époque, durant lesquels je me sentais souvent seule, et comme pour exorciser la peine qu’avait provoquée par le rejet de mes parents, j’ai commencé à acheter du tissu et créer des vêtements, d’abord pour moi, puis pour mon mari et finalement tout mon entourage m’en demandait. C’est au Maroc que mon goût pour la mode et la couture s’est vraiment révélé. » 

GMK : « Marrakech dans les années 60, c’était comment ? » 

Paulette : « C’était magnifique ! Pour moi, issue d’un village de 5000 habitants, ça a été un véritable choc. Une explosion de couleur, une ville chaleureuse qui ne dormait jamais. On se promenait dans les jardins de la Mamounia, on dînait place Jeema el-Fna, on chinait dans les labyrinthes du souk, mais la plupart du temps, on recevait des amis dans notre propriété, c’était l’arrivée des seventies, le temps de l’insouciance, on était vêtu de caftans tout au long de la journée à écouter de la musique et fumer du tabac, il y avait comme un vent de liberté. C’est d’ailleurs à cette même époque qu’Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé ont acheté une propriété à Marrakech. On est tombé amoureux de la ville en même temps, ça nous fait un point commun (rires) » 

GMK : « Puis tu as déménagé et tu t’es installée à Paris ? » 

Paulette : « Oui, nous avons décidé d’aller vivre ensemble à Paris et encore une fois, quelle surprise ça a été ! Nous nous sommes installés en 1969, en pleine révolution sociale et culturelle, alors que Gainsbourg faisait scandale avec Jane Birkin sur « Je t’aime… Moi non plus ». J’aimais déjà beaucoup la musique mais cette année, ce fut comme une révélation. » 

GMK : « Vraiment ? Et comment ça s’est traduit ? » 

Paulette : « En fait, la période Yéyé a été le commencement de quelque chose d’étrange, comme si les jeunes de l’époque ressentaient le besoin de s’exprimer à travers une sonorité, un style. Forcément, j’ai complètement été aspirée par cette tendance qui ont fait de ces années les plus folles de ma vie. 

Les seventies, c’était l’époque de toutes les expériences à Paris, tout le monde se mélangeait : vedettes et anonymes et j’ai eu la chance d’en côtoyer quelques-unes, parfois le temps d’une soirée.

Je changeais de look et me créais des tenues au fil des saisons, tantôt baba, j’adulais Joni Mitchell, Jimi Hendrix, The Beatles, Bob Dylan ou Janis Joplin, tantôt glam rock, j’étais fan de David Bowie et de son excentricité.

Je faisais tout ce qui était en mon possible pour me rendre aux concerts des génies du rock de l’époque, et tandis que les drogues étaient presque monnaie courante, la musique, c’était MA drogue. » 

GMK : « Tu te souviens des artistes que tu as vu ? » 

Paulette : « Ohlala… J’en ai vu énormément pour pouvoir tous les citer. Avec quelques amies, nous sommes allées au Royaume-Uni au fameux festival de l’île de Wight en 1970 avec, entre autres, Jimi Hendrix - c’était son dernier live avant sa disparition - The Doors, The Who, Donovan, Miles Davis, Free, Sly & Family Stone, Joni Mitchell, Ten Years After et Leonard Cohen qu’on entend en ce moment (rires)… Je m’en rappelle comme si c’était hier, c’était fou. Parfois, j’écoute leurs vinyles et ça m’y ramène, c’est ma madeleine de Proust à moi (rires). 

Puis j’ai vu Serge Gainsbourg, Johnny Hallyday, The Beatles, The Rolling Stones et j’en passe, de toute manière c’est assez simple, tout ce qui avait un rapport avec le rock à l’époque, j’y étais (rires).

Ah et j’ai aussi vu les Velvet Underground au Bataclan en 1972, accompagnés de Nico et d’ailleurs son style m’a beaucoup inspiré, elle portait énormément de foulards en soie. J’adorais alors je m’en suis largement inspirée et j’ai commencé à en créer. » 



GMK : « C’est ce qui t’a donné envie de travailler pour Good Morning Keith ? » 

Paulette : « Complètement ! J’ai adoré faire ça dans le temps, alors pourquoi pas mettre à profit mes compétences pour une marque qui s’inspire des années 60/70s. Ça réunit tout ce que j’aime ! Puis maintenant, c’est pas le temps qui me manque, alors je continue de coudre, en musique bien sûr (rires) » 

GMK : « Peux-tu nous expliquer la technique que tu as utilisé pour les bandanas ? » 


Paulette : « Ça s’appelle le roulotté main, c’est la technique d’ourlet la plus raffinée que je connaisse. Ça consiste à rouler sous ses doigts le bord du tissu jusqu’à obtenir un ourlet suffisamment serré, souple et tonique. Une fois obtenu, je le fixe avec un point de couture fait à la main. Je fais en sorte d’utiliser des fils fins qui se rapprochent de la couleur du bandana pour que mes points soient quasiment invisibles et se fondent dans le tissu. » 

 


GMK : « Est-ce que tu t’intéresses à la scène musicale actuelle ? » 

Paulette : « Je ne pense pas te surprendre si je te dis que globalement je ne suis pas vraiment fan. Même s’il m’arrive encore de me laisser surprendre par un artiste… » 

GMK : « Un exemple ? » 

Paulette : « J’avais eu un coup de coeur pour Amy Winehouse, mais c’était déjà il y a quelques années. Mais aujourd’hui, j’écoute beaucoup The War On Drugs ou encore Cigarette After Sex, je suis même allée les voir en concert à Paris ! » 

GMK : « Pour finir, si tu devais dîner avec trois personnalités, ce seraient lesquelles ? » 

Paulette : « Yves Saint-Laurent forcément, Joni Mitchell et Marc Bolan autour d’un méchoui (rires). »



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